Mon chat semble en pleine forme : peut-il quand même avoir des vers ?
Par Olivier, fondateur de DoogyBook · 2 novembre 2026 · 8 min de lecture

Oui. Chez le chat adulte, une infestation par les vers ronds est très rarement associée à des signes, selon le guide européen ESCCAP, et le ténia transmis par les puces passe le plus souvent inaperçu. Un chat qui joue, mange bien et a le poil brillant peut donc héberger des vers. Les symptômes ne permettent ni de conclure à une infestation, ni de l'exclure : seul un examen le peut, le plus souvent une analyse des selles.
Le chat a une réputation de propreté qui n'aide pas. Il fait sa toilette des heures, enterre ses selles, et l'on se dit qu'un animal aussi soigneux ne peut pas abriter de parasites. C'est justement pendant la toilette qu'il avale les puces, et dans la litière ou la terre du jardin que les œufs s'accumulent.
Un chat infesté a-t-il toujours des symptômes ?
Non, et l'âge change tout. Le chaton peut recevoir les larves d'ascarides (Toxocara cati) par le lait de sa mère et tomber malade avant même qu'un examen des selles ne devienne positif. C'est pour ça qu'il se vermifuge dès 3 semaines, puis toutes les 2 semaines jusqu'à 2 semaines après le sevrage (voir vermifuger un chaton).
Chez l'adulte, ESCCAP écrit qu'il est très peu probable que l'infestation par les ascarides donne des signes, et qu'il est donc difficile de savoir si un chat est infesté sans examens réguliers. Le ténia Dipylidium caninum, transmis par les puces, reste lui aussi le plus souvent sans symptôme. Même le ver pulmonaire du chat peut donner des infestations silencieuses.
Les signes qui doivent alerter
- Ténias : petits segments blancs, comme des grains de riz, autour de l'anus, dans les selles ou sur le couchage ; un chat qui se lèche ou se frotte l'arrière-train.
- Ascarides : vers ronds dans les vomissements ou les selles ; en cas de forte infestation, diarrhée, amaigrissement, poil terne, ventre gonflé chez le chaton.
- Ver pulmonaire (Aelurostrongylus abstrusus) : toux, éternuements, respiration rapide ou bouche ouverte, écoulement nasal, fatigue. Non traité, il peut devenir grave.
Ces signes orientent vers une consultation, pas vers un diagnostic fait à la maison. Une toux, une diarrhée ou un amaigrissement ont bien d'autres causes que les vers. Un chat qui respire bouche ouverte, ou un chaton abattu au ventre gonflé, doit être vu le jour même.
Puisque les signes ne suffisent pas, le suivi repose sur des dates : celle du dernier vermifuge, ou du dernier examen des selles. L'outil ci-dessous estime la prochaine échéance. Sans autre information, il applique pour un adulte le rythme de 4 fois par an qu'ESCCAP retient quand le risque n'a pas été évalué ; si votre vétérinaire a fixé un autre rythme, c'est sa date qui compte.

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Comment les vers arrivent jusqu'au chat
Par la chasse
C'est la grande différence avec le chien. Les rongeurs transmettent Hydatigera taeniaeformis, le ténia qu'ESCCAP décrit comme le plus fréquent chez le chat. Les souris peuvent aussi porter des larves d'ascarides. Et le ver pulmonaire du chat passe par les limaces et les escargots, ou par les animaux qui en ont mangé : oiseaux, rongeurs, amphibiens et reptiles. Le lézard attrapé sur le muret n'est pas qu'un trophée.
Par la toilette
En se léchant, le chat avale les puces, et avec elles les larves de Dipylidium. Un chat qui a eu des puces doit être traité contre ce ver une fois l'infestation confirmée, en plus de l'anti-puces de tous les animaux du foyer (voir anti-puces chien et chat).
Par l'environnement et l'alimentation
Les œufs d'ascarides peuvent survivre plusieurs années dans la terre. La viande ou les abats crus sont une autre porte d'entrée : ESCCAP indique qu'une viande cuite à cœur (65 °C pendant 10 minutes) ou congelée une semaine entre −17 et −20 °C évite ce risque.
Les risques documentés, pour le chat et pour la famille
Pour le chat, les conséquences vont de rien du tout à des formes sérieuses : chaton très infesté, atteinte pulmonaire chronique due au ver pulmonaire. Pour l'humain, ESCCAP cite surtout Toxocara : après ingestion accidentelle d'œufs, les larves peuvent migrer dans l'organisme, avec des conséquences sérieuses si le système nerveux est touché. Quelques rares cas humains de Dipylidium ont été rapportés, par ingestion accidentelle d'une puce. Pour le ténia du renard (Echinococcus multilocularis), présent dans certaines régions d'Europe, le guide précise que les chats n'excrètent que rarement ses œufs.
Le guide ne chiffre pas ces risques. Il recommande un suivi plus serré (vermifuge ou examen des selles chaque mois, selon l'évaluation) dans les foyers où vivent un enfant de moins de 5 à 6 ans, une personne âgée ou immunodéprimée. Et quelques gestes simples :
- se laver les mains après avoir touché le chat, et avant de manger ;
- éliminer les selles et la litière régulièrement, sans les mettre au compost ni dans les déchets recyclables ;
- jardiner avec des gants, couper court les ongles des enfants ;
- limiter l'accès des enfants aux zones où les chats font leurs besoins, comme un bac à sable découvert.
Pourquoi une analyse des selles peut être utile
Pour un chat à faible risque, ESCCAP présente l'examen des selles comme une alternative au vermifuge systématique : on traite seulement si le résultat est positif. ESCCAP France y voit un excellent moyen d'éviter l'usage abusif des vermifuges. Ses limites, que votre vétérinaire connaît :
- un résultat négatif n'exclut pas une infestation récente ou une faible ponte ;
- les ténias sont mal détectés, sauf Dipylidium avec un test spécifique ; pour un chat qui chasse, le guide prévoit idéalement au moins 4 examens ou 4 traitements par an ;
- le ver pulmonaire se recherche avec une technique particulière, sur au moins 10 g de selles fraîches.
Dans quelles situations consulter
- vous voyez des segments ou des vers, ou il tousse, éternue, respire vite ;
- il maigrit sans changement d'alimentation (voir mon chat maigrit) ;
- il chasse, a eu des puces, ou mange de la viande crue ;
- un bébé arrive, ou une personne fragile vit au foyer ;
- vous ne savez plus quand date son dernier vermifuge.
Organiser un suivi adapté, sans multiplier les traitements
ESCCAP classe les chats adultes en deux groupes. Le chat qui vit à l'intérieur, ou n'a accès qu'à un patio ou un jardin clos, et chasse peu : 1 à 2 fois par an contre les vers ronds, ou une décision fondée sur des examens de selles. Le chat qui sort librement : 4 à 12 fois par an contre les vers ronds et les ténias, ou des examens à la même fréquence. Quand le risque n'est pas connu, au moins 4 fois par an.
- Situer son chat avec le vétérinaire : sorties, chasse, autres animaux, personnes du foyer. Le cas du chat qui ne sort pas est détaillé dans mon chat ne sort jamais : faut-il le vermifuger ?, et tous les profils dans vermifuge chat.
- Peser le chat avant chaque traitement : la dose se calcule au poids.
- Ne jamais utiliser un produit pour chien sans avis vétérinaire.
- Noter chaque date et le rythme décidé : l'outil plus haut sert à ça.
Une vermifugation à jour ne dit rien de ses vaccins, qui se suivent à part : mon chat n'a jamais été vacciné : est-ce vraiment dangereux ?
Questions fréquentes
Un chat peut-il avoir des vers sans symptômes ?
Oui. Selon le guide européen ESCCAP, chez le chat adulte, une infestation par les ascarides est très rarement associée à des signes cliniques, et le ténia Dipylidium transmis par les puces reste le plus souvent sans symptôme. Un chat joueur et en pleine forme peut donc être infesté et disperser des œufs dans la maison ou le jardin.
Comment savoir si mon chat a des vers ?
Les signes possibles sont de petits segments blancs autour de l'anus ou sur son couchage, des vers dans les selles ou les vomissements, une diarrhée qui revient, un amaigrissement, ou un ventre gonflé chez le chaton. Une toux ou des éternuements peuvent aussi venir d'un ver pulmonaire. Aucun de ces signes n'est spécifique : seul un examen, le plus souvent une analyse des selles, peut répondre.
Les vers du chat sont-ils transmissibles à l'humain ?
Certains, oui. Les œufs de Toxocara, avalés accidentellement, peuvent provoquer chez l'humain une migration de larves dans l'organisme, parfois grave. ESCCAP recommande un suivi plus serré dans les foyers avec de jeunes enfants ou des personnes fragiles, et des gestes simples : se laver les mains, éliminer les selles et la litière, jardiner avec des gants.
Mon chat chasse des lézards et des souris : est-ce un risque ?
Oui. Les rongeurs transmettent un ténia fréquent chez le chat, Hydatigera taeniaeformis, et les lézards, les oiseaux ou les souris peuvent porter les larves du ver pulmonaire du chat. Pour un chat qui chasse, ESCCAP prévoit un rythme de traitement ou d'examens plus soutenu, à définir avec le vétérinaire.
Faut-il vermifuger son chat plus souvent pour être tranquille ?
Non. Le bon rythme est celui qui correspond au risque réel du chat, évalué avec le vétérinaire : 1 à 2 fois par an pour un chat d'intérieur qui ne chasse pas, 4 à 12 fois par an pour un chat qui sort, selon ESCCAP. Multiplier les traitements sans raison n'apporte rien et augmente la pression de sélection des résistances.
Ses vermifuges, notés au même endroit
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Sources
Pages consultées en novembre 2026.
- ESCCAP — Guide de recommandations 01, 7e édition (juin 2025), version française — figure 2 (groupes A et B du chat, chatons, foyers avec jeunes enfants, chasse et viande crue, Hydatigera taeniaeformis, puces et Dipylidium, ver pulmonaire), infestations à Toxocara rarement cliniques chez l’adulte, Aelurostrongylus abstrusus (hôtes, signes, diagnostic), zoonoses et gestes d’hygiène, limites de la coproscopie
- ESCCAP France — Guides de vermifugation individuelle des chiens et des chats — coproscopie présentée comme un moyen d’éviter l’usage abusif des vermifuges ; prescription par le vétérinaire
Dernière vérification des informations médicales : 2 novembre 2026. Cet article ne permet pas de diagnostiquer une infestation à partir de symptômes et ne remplace pas l'avis d'un vétérinaire, seul habilité à prescrire un examen ou un traitement. Cet article n'a pas été relu par un vétérinaire.
Olivier — fondateur de DoogyBook
Je ne suis pas vétérinaire. J'écris ces articles à partir des recommandations vétérinaires publiées (WSAVA, ANSES, standards FCI) et de ce que j'observe en construisant les outils de suivi de DoogyBook. Rien de ce que vous lisez ici ne remplace l'avis d'un vétérinaire qui examine votre animal.